Comment Recovered transforme des maillots de foot vintage en pièces uniques
Mia Marquez revient sur les projets qui ont donné naissance à sa technique de fronces signature.
Imagine un maillot vert vintagedu Mexique de l’équipe nationale — le genre de pièce que tu déniches, toute froissée, au fond d’un bac de fripes, carrée et oversize. Maintenant, imagine‑la froncée à la taille, corsetée dans une coupe si précise qu’on la croirait faite sur mesure. C’est exactement le look que le label DIY RecoveredRecovered a créé — en retravaillant des maillots de football
vintage en pièces uniques ultra‑statement — et c’est ce look qui a depuis envahi ton feed.Fais défiler ton feed maintenant : la preuve est partout. Empiècements froncés, coutures plissées, ourlets cropped sur des maillots — et désormais des vestes — qui n’ont jamais été pensés pour être portés si près du corps. Loin du label écoresponsable lambda
, Recovered ne se contente pas de chiner et de revendre. Le label décortique des maillots de football vintage iconiques et les réassemble en crop tops, corsets et silhouettes ultra‑audacieuses qui n’existent nulle part ailleurs — et la technique derrière tout ça ne s’est pas matérialisée par hasard. Elle remonte à une seule créatrice, qui travaillait seule, transformant un heureux accident en signature tellement désirée que ses drops s’envolent dès leur mise en ligne.
Derrière chaque couture froncée se cache Mia Marquez, la créatrice qui a transformé une expérimentation faite un peu au hasard en véritable signature. On a discuté avec elle de l’art de la reconstruction de maillot, du futur de l’upcycling et de la façon dont elle redéfinit le streetwear sporty au féminin.
Quand as‑tu commencé à t’intéresser au design de mode ?
Travailler dans la mode a toujours été un rêve pour moi. Très jeune déjà, mes activités préférées tournaient autour du style, que ce soit un kit DIY pour customiser mes vêtements ou des heures à flâner dans le rayon livres de mode chez Barnes & Noble. Ce n’est qu’en 2020, pendant le confinement, que j’ai décidé d’acheter une machine à coudre et de me lancer à fond.
Tu fais partie des pionnières de la technique de fronçage et de shirring appliquée au maillot. Comment as‑tu trouvé cette méthode ?
Pour être totalement honnête, j’étais simplement trop paresseuse pour finir le reste du top. C’était vers février 2024, j’avais vraiment envie de commencer à expérimenter avec des maillots de football. J’avais déjà tenté d’upcycler d’autres pièces de sport, mais il y avait quelque chose dans ce maillot qui me ressemblait tellement. Quand j’ai récupéré mon maillot vert du Mexique à retravailler, je voulais aussi essayer une nouvelle technique : le shirring. J’étais littéralement en train de m’exercer sur ce top, en suivant mon instinct. J’ai fait une pause pour l’enfiler et là je me suis dit : « Wow, je crois que je viens de créer quelque chose. »
Comment tes méthodes de création ont‑elles évolué depuis le lancement de Recovered ?
À partir du moment où j’ai commencé à retravailler des maillots de football et des pièces sportswear, j’ai eu l’impression de me trouver enfin. Tout ce que je crée, je le fais par pur amour. Je ne pense pas que mes méthodes aient vraiment changé, car j’ai toujours créé dans l’instant, en restant fidèle à moi‑même. Si quelque chose a évolué, c’est que je m’autorise à être encore plus expérimentale.
Pourquoi les maillots de football ?
J’ai testé d’autres upcycles de vêtements de sport auparavant et rien n’a été à la hauteur. Mon premier projet était un maillot du Mexique et, en tant que Mexicaine, rien ne m’inspire plus que ma culture. J’adore l’excitation, la symbolique et la culture que tous ces maillots incarnent partout dans le monde.
Maintenant que les maillots vintage sont devenus ultra‑populaires aux États‑Unis, comment l’approvisionnement en pièces a‑t‑il changé pour toi ?
Je continue de trouver toutes mes pièces en seconde main. Je suis tous les jours sur Depop, Poshmark, eBay et tous les sites de resale. Rien n’a vraiment changé. J’avais quelques sites très confidentiels où je sourçais aussi, mais leurs prix ont clairement grimpé.
Quels ont été tes designs préférés jusqu’à présent ?
J’en ai tellement, mais je dois choisir l’original : mon maillot vert du Mexique. Ce maillot a vraiment lancé une tendance de folie et, en plus de m’ouvrir énormément de portes, il a été pour moi une révélation : j’avais enfin trouvé ma vraie passion dans mon travail. Après celui‑là, je dirais le maillot de la Juventus avec le liseré rose. Il est affirmé et sublime. J’adore la façon dont le sport et la mode peuvent se répondre aussi bien.
Depuis le lancement de ta propre ligne, tu as collaboré avec de grandes marques. Qu’est‑ce que ça te fait de voir tes créations enfin reconnues à leur juste valeur ?
Ça compte énormément pour moi de me sentir enfin vue. J’ai déjà eu plusieurs designs copiés par de grandes marques, comme mon T‑shirt « Stop copying me you’re not even doing it right », ce qui était assez ironique parce que je l’avais créé justement à force d’être copiée. Alors le fait que ces marques choisissent aujourd’hui de collaborer avec moi plutôt que de simplement me plagier, ça veut vraiment tout dire. Ça a été des montagnes russes, mais je suis convaincue que ce qui doit arriver finira par arriver, et qu’au bout du compte tu reçois toujours ce que tu mérites.
La mode féminine dans le football, et dans le sport en général, vit un moment fort en ce moment. Comment vois‑tu cet univers évoluer à l’avenir ?



















