Le grand retour mode 2010 ? Les baskets compensées
Qu’on adore ou qu’on déteste, on va en voir partout en 2026.
Il ne fait aucun doute que nous sommes au cœur d’un revival des années 2010. Les sacs hobo, ce célèbre foulard à tête de mort d’ Alexander McQueen (récemment réinterprété en robe par Alex Consani) et le Balenciaga City bag ont tous signé leur grand retour ces douze derniers mois, et bien d’autres signaux semblent déjà se profiler à l’horizon. Pour celles et ceux qui conservent encore quelques « reliques » de l’époque, le moment est peut-être venu d’en tirer parti. Un rapide scroll sur Vinted ou eBay, et vous verrez des caracos Ambercrombie & Fitch s’envoler à plus de 100 $ avec les mentions « archival » ou « vintage‘ fièrement affichées, à destination des Gen Alpha et des plus jeunes Gen Z en quête de pièces pointues.
Que vous soyez prête à replonger ou non, il est temps de renouer avec la ceinture XXL : la dernière pièce à rejoindre le panthéon des retours 2010 vient d’atterrir – la basket compensée.
Le modèle originel, évidemment, c’était la Isabel Marant Bekett. Lancée en 2011, cette basket montante arborait des empiècements en daim bicolore, un talon caché de 5 cm et juste ce qu’il fallait de hauteur pour brouiller les pistes entre sportswear et habillé. Chaussure clivante, elle a été portée par tout le monde, des Kar-Jenners à Beyoncé (inoubliable dans son clip « Love On Top »), mais aussi par Zendaya et Rihanna. Avance rapide jusqu’à aujourd’hui : la silhouette est bel et bien de retour dans la rotation, adoptée par une nouvelle génération de cool-girls. Dernier exemple en date, la fille de 13 ans de Beyoncé, Blue Ivy Carter a été aperçue en front row au bord du terrain lors d’un match des Los Angeles Lakers, chaussée d’une paire rouge et noire, un véritable modèle vintage déjà porté par sa mère.
Le retour de la basket compensée est d’autant plus fascinant qu’on se souvient de son contexte d’origine. À l’époque, les chaussures plates étaient largement considérées comme un faux pas mode, et les sneakers n’avaient pas encore gagné leurs galons dans les vestiaires de luxe. La Bekett faisait office de chaussure passerelle, conciliant confort et hauteur bien avant que les « fashion sneakers » ne deviennent la norme. Mais, comme la plupart des tendances qui deviennent trop populaires, elle a fini par lasser. Marant elle-même qualifiera plus tard le modèle de « super vulgaire ».
La mode, pourtant, n’est qu’un éternel recommencement. La créatrice a réédité la Bekett en 2021, et en 2025, la basket a été classée huitième produit le plus désiré dans le dernier rapport Lyst Index. Pour certain·e·s d’entre nous, c’est tout un cycle de tendance que l’on vient d’observer du début à la fin. Ça ne nous rajeunit pas, n’est-ce pas ?
Sans surprise, le modèle originel a déclenché une avalanche d’imitations dans le mass market. Aujourd’hui pourtant, alors que la culture de la revente et la chasse au vintage atteignent des sommets, posséder une paire authentique est devenu un véritable signe distinctif. Mais comme les Bekett OG atteignent des prix de revente stratosphériques, les marques dégainent des réinterprétations et des options alternatives.
PUMA a récemment dévoilé une version compensée de sa silhouette Speedcat dans le cadre du Speedcat Lux pack. Proposé en beige clair rehaussé de touches brun foncé, ce classique inspiré du sport automobile est revisité avec un talon caché, une tige montante et une bride Velcro au milieu du pied, transformant cette basket profilée en statement massif, chargé de nostalgie mais twisté par une modernité affirmée.
Pour une option encore plus pointue, Converse a fait équipe avec Vaquera autour de la XXXHi Slouch Wedge. Cette collaboration fusionne la basket compensée avec la tendance de la botte loose, en exagérant les proportions iconiques de la Chuck Taylor pour en faire quelque chose de familier mais étrangement nouveau. Comme l’explique Bryn Taubensee, cofondatrice de Vaquera : « L’effet est à la fois familier, et en même temps inconnu et excitant. »
Pendant ce temps, Berlin-basé, le label Ottolinger a fait défiler des baskets compensées lors de son show Automne-Hiver 2024. Désormais disponibles en noir et vert olive, ces modèles affichent une finition en daim, une semelle épaisse et une languette matelassée, replaçant clairement la basket compensée sur le terrain du très couture.
Pour celles et ceux qui ont déjà vécu cette période, une question s’impose : a-t-on suffisamment de recul pour revenir à ces tendances avec nostalgie, et se remettre vraiment de l’ère des skinny jeans portés avec des mini-robes et des ceintures surdimensionnées ?
Quel que soit votre camp, attendez-vous à voir encore plus de réinterprétations futuristes à l’approche de 2026, avec des lignes plus affûtées et des palettes de couleurs élargies pour séduire une nouvelle génération. Pour le gain de centimètres, la cool attitude chargée de nostalgie ou l’aura d’It-girl, la basket compensée a officiellement regagné sa place dans le cycle mode, pour le meilleur ou pour le pire.



















